Alors que le département de l’Hérault traverse un épisode de sécheresse historique, les exploitations céréalières du Biterrois sont en première ligne. Le projet agrivoltaïque du Biterrois, actuellement à l’étude, vise précisément à accompagner les agriculteurs du territoire face à ces aléas climatiques.
Une sécheresse historique dans l’ouest de l’Hérault
Depuis la mi-juillet, la situation hydrique du département de l’Hérault ne cesse de se dégrader. La préfète a placé plusieurs bassins versants sous restrictions renforcées, dont le bassin du Jaur au niveau de crise, le seuil le plus élevé. L’ouest du département est particulièrement touché : l’humidité des sols a atteint un plancher historique, et les prévisions météorologiques ne laissent entrevoir aucune amélioration à court terme.
Les conséquences pour l’agriculture sont immédiates. Les cultures céréalières, fortement dépendantes des conditions hydriques des sols, sont particulièrement exposées. Et au-delà du manque d’eau, c’est l’activité elle-même qui se trouve contrainte : face au risque d’incendie très élevé et particulièrement précoce cette année, la préfecture de l’Hérault a encadré les moissons par arrêté. Dans les secteurs classés en risque très élevé ou élevé, les récoltes ne sont autorisées que de 20h à 12h, sous réserve de la mise en place d’un dispositif de prévention et d’extinction. Les travaux restent interdits de 12h à 20h, période où le risque de départ de feu est le plus important.
Une situation qui illustre une réalité de plus en plus fréquente pour les exploitants du territoire : les aléas climatiques ne menacent plus seulement les rendements, ils pèsent désormais sur les conditions même de travail.
Des exploitations fragilisées par les aléas climatiques
Jérôme Feracci et Yves Sallèles exploitent deux parcelles céréalières en périphérie de Béziers. Chaque été, ils constatent les mêmes effets : des sols asséchés, des rendements fragilisés, des charges qui augmentent sans que la production ne puisse suivre. Le changement climatique n’est pas un concept abstrait pour ces exploitations familiales. C’est une réalité quotidienne qui questionne la viabilité même de leur activité.
Nous sommes à une époque où nous devons nous adapter si nous voulons préserver nos exploitations. La chaleur et le manque d’eau qui s’installent chaque été impactent durablement les plantations. L’installation d’ombrières est une des solutions que nous avons trouvées pour permettre aux parcelles de mieux résister à ces conditions et continuer à produire.
Jérôme Feracci · agriculteur partenaire du projet
Soutenir l’agriculture face au changement climatique grâce à l’agrivoltaïsme
Face à ce constat, des solutions existent. L’agrivoltaïsme repose sur un principe simple : installer des structures solaires au-dessus des parcelles cultivées pour créer un ombrage modulable qui protège les cultures tout en produisant de l’électricité. Les panneaux, montés sur des trackers, balaient l’ombre sur la parcelle au fil de la journée. L’agriculteur peut ajuster leur orientation en fonction du besoin en lumière des plantations.
Ce dispositif agit directement sur les facteurs qui fragilisent les cultures en période de sécheresse : il réduit l’évaporation de l’eau au sol, abaisse la température ressentie par les végétaux et maintient un taux d’humidité plus favorable à la croissance. Le tout sans empêcher l’activité agricole : les structures sont dimensionnées pour laisser passer les engins, et les sols ne sont pas artificialisés.
Un projet ancré dans le territoire
Le projet agrivoltaïque du Biterrois a été conçu à partir de ce constat et en lien direct avec les exploitants. Il concerne environ 25 hectares répartis sur les deux parcelles de Jérôme Feracci et Yves Sallèles. Les choix techniques ont été faits pour s’intégrer au paysage local et préserver la vocation agricole des terres.
Au-delà de la protection des cultures, la production d’électricité renouvelable générée par l’installation bénéficiera au territoire : un complément de revenu stable pour les exploitants, et des retombées fiscales pour la commune. Le projet agrivoltaïque du Biterrois est actuellement en phase d’études techniques et environnementales. Un dépôt de permis de construire est envisagé au premier trimestre 2027.
Surface d’étude
25 ha
Parcelles concernées
2
Dépôt du permis
T1 2027
Pour suivre l’avancement du projet et poser vos questions, une page dédiée à la concertation est accessible.
